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Mémoire de logo

Inventer un logiciel ? l’écrire ? Hopopop ! Pas si vite ! Déjà, avez-vous un Logo, ce couple essentiel du nom et de la forme, magistrale ellipse de votre idée toute entière ?

Adam ne me démentirait pas, nommer bien sûr c’est créer et vous ne pouvez nommer proprement que ce que vous concevez bien, dont acte. J’aurai sans doute un jour l’occasion de narrer par le détail la genèse du nom ecsy et j’en dirai quelques mots plus loin. Mais laissons ici le nom pour envisager particulièrement la forme, et notons au passage que c’est elle qui du couple porte le nom, Logo. Le verbe s’incarnant tout entier en son image, dans une société d’apparences il n’est pas surprenant que celle-là revête une importance majuscule.

Incontournable, le verbe-image se doit de passer un crible aussi définitif qu’indéfinissable, audacieux mélange d’aléatoire et de subjectif où l’art majeur de la justification ex-post se hisse à des niveaux stratosphériques : être Design. Design règne en maître absolu sur le domaine. Sans son blanc-seing point de salut. Mais une fois muni du précieux viatique, que d’horizons, paraît-il !

Nom de DOS !

La société éditrice d’ecsy se nomme @echo on, de l’instruction DOS permettant d’afficher les commandes exécutées. Le logiciel en question étant un système d’information, quoi de plus naturel que de le nommer echoSystem ? Nom que quelque fâcheux ridicule (oui il faudra que je fasse un papier sur cet épisode grandguignolesque) me contraindra à ramener à la quintessence de ses initiales, ecsy.

Le concept est posé, ecsy est un écosystème comprenant des ensembles fonctionnels qui ne donnent le meilleur d’eux-mêmes qu’en bonne intelligence avec les autres. Comment avons-nous imaginé de représenter cette idée, c’est ce que je m’en vais vous conter après cette longue introduction, logorrhéique par destination.

Escher et Möbius

L’idée de départ pour la représentation d’un ensemble fermé auto-référencé a été celle des boucles infinies déclinées par Escher évoquant le ruban de Möbius, cette bande pliée dans l’espace de telle façon qu’elle n’a qu’une seule face.

Perçue comme la plus prometteuse, celle du centre a été modélisée en 3D sur Autocad afin de permettre de la visualiser sous différents angles, jouer avec les ombres et la perspective. D’abord dans une version simple avec une seule bande.

Puis dans une version plus complexe avec trois flèches imbriquées figurant un cycle, les couleurs tranchées permettant une meilleure visualisation du nœud.

Les premiers pas

A partir de là on commence à faire des recherches tous azimuts en variant les formes et les couleurs, surtout ne pas se brider. On voit sur la deuxième vignette que le nom était encore EchoSystem à l’époque.

Ici on est encore très loin de ce qui sera le flat design final, et toutes ces images sont bien trop complexes pour rester lisibles réduites en icône 16×16.

Vers l’épure

Vient un moment de saturation où l’on sait plus quoi penser de quoi et si finalement il y a vraiment quelque chose de valable dans tout ça. On cherche ailleurs, on revient, on s’égare sérieusement mais on gagne en épure.

Le nom commence à apparaître dans l’image. Comment l’intégrer ? Peut-on composer une image essentiellement à partir du nom ? On joue sur la proximité des formes des lettres e, c, s. Le y s’avère difficile à intégrer.

Flat design

Finalement, retour à la forme initiale, mais cette fois radicalement simplifiée. L’époque est au flat design, l’UI de l’application est construite sur les règles proposées par Google avec Material Design, le logo doit être dessiné dans le même esprit. C’est toujours la bande de Möbius mais stylisée et présentée légèrement penchée comme en train de pivoter sur sa pointe.

Problème, la forme originale ne laisse pas assez de surface continue pour inscrire le nom sur la bande. Mais la topologie est pleine de surprises. En inversant le pliage de l’angle de droite, on conserve le ruban de Möbius tout en ménageant la surface suffisante sur laquelle placer le texte.

Enfin, si l’illusion de bande continue est bien restituée lorsqu’on utilise un ombrage qui simule une troisième dimension – les deux vignettes centrales ci-dessus – on perd totalement l’idée de départ en retirant les ombres pour rester au plus près du flat design. Cette ultime difficulté sera résolu en utilisant de petites touches de bleu plus foncé sur les triangles figurant le dos des plis.

Aujourd’hui, nom et logo nous sont devenus si familiers que l’on ne pense même plus à ce qu’ils recouvrent. Il n’est pas mauvais de regarder de temps en temps derrière soi le chemin parcouru. C’est une jolie histoire je trouve, pleine de couleurs et de doutes, j’espère qu’elle vous aura plu.

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